NAMBSHEIM paisible village rhénan (350 habitants en 1936) s'appelait à l'origine NAMESHEIM d'après les archives du 10ème siècle. Au 13ème siècle il se nommait NAMISHEIM.

Le village  est situé au bord d'un ancien bras du Rhin, sur lequel se trouvait un port, offert par l'évêque de Strasbourg à l'abbaye d'Eschau au 10ème siècle. Le village appartenait aux Hasebourg depuis le 13ème siècle qui y levaient un péage sur le commerce rhénan, leur château s'appelait Zollbühl : la motte du péage.
 


TOPONYMIE 

* Namenesheim au Xè siècle,
* Namenbesheim en 1180,
* Nammensheim en 1303,
* Namisheim en 1934,
* encore couramment appelé Namsen, seigneurie de Namzen 1696 à 1704 . 

 

   

 

Histoire administrative et politique

 A la fin du Xè s. l’évêque Widerold de Strasbourg fit don à l’abbaye bénédictine d’Eschau de 6 manses de terres à Nambsheim, donation confirmée en 1180 par le pape Alexandre III. Dans le  relevé des biens du couvent est nommé « Namenesheim juxta Rhenum cum portu ». Le petit port est donc fort ancien. Le bac qui reliait les deux rives du fleuve de 1845 à 1866, de 1886 à 1914 et qui fut rétabli de 1944 à 1945, à donc eu un antécédent très lointain.
Au cours des siècles, d’autres monastères étaient possessionnées à Nambsheim.
  

 

ARMOIRIES 

« D’azur à trois lions d’or, deux et un »

(Armorial de la Généralité d’Alsace, fin du XVIIème s.)

   

   


Fiefs des Habsbourg : D’après l’Urbaire des Habsbourg de 1303 Nambsheim faisait partie des biens habsbourgeois depuis le XIIIès. au moins ; mais le village fut donné en fief à des familles nobles comme les Ratolzdorf (Raedersheim), les Wettolsheim et autres. L’empire y possédait un droit de péage (kleiner Rheinzoll) que le roi Conrad IV donna en fief à Rodolphe de Habsbourg dès 1251. Ce péage nommé Unterbühel était peut-être un terrain surélevé couronné d’un château ou d’une fortification.


Ban communal : En 1750/1756 le finage de Nambsheim comprenait 1 014 journaux de terres labourables dont 911 journaux étaient affermés à des particuliers.
L’étendue du ban : 1 003 ha. Cadastre établi en 1823, renouvelé en 1893. A cette dernière date, le ban comprenait 4 432 parcelles pour 300 propriétaires. On dénombrait alors 747 ha de terres labourables, 6 ha de prés, 9 ha de vignes, 145 ha de forêts.
Le remembrement fût sollicité en 1964, conduit à bonne fin en 1966 pour 796 ha de terres labourables. Il y avait 3 830 parcelles avant le remembrement et 675 après. Le nombre d’exploitants agricoles s’élevait à 45. En 1979/81 on compte encore 37 exploitations.
 


Indications intéressantes 

Le moulin :
La première mention d’un moulin à Nambsheim remonte à l’année 1307.

Le Rhin : Jadis les habitants se plaignirent presque chaque année des dégâts causés aux cultures par les inondations lors de la fonte des neiges ou des pluies abondantes. La plus ancienne digue de protection (Rheingraben) contournait le château selon un plan de 1871 ; elle suivait le tracé des actuelles rues du Rhin et du moulin. Le Rheingraben-brief ou chartre des sept villages riverains (de Fessenheim à Vogelsheim) renouvelait en 1537 d’un commun accord un règlement pour l’entretien de cette digue.

L’école : Le premier maître d’école Jacques Vossner est mentionné en 1672. En 1830 construction d’une première maison d’école (l’actuelle mairie) ; en 1852 construction d’une seconde école, près de l’église ; engagement d’un personnel enseignant qualifié. Une école maternelle sera ouverte 1952 à 1962, et ré ouverte  de 1975 à 1981. Création d’une deuxième classe scolaire en 1977. Ramassage scolaire pour le CES de Neuf-Brisach/Vogelsheim depuis 1962.
 




Incendies : Le soir du 23.01.1615 éclata à Nambsheim un incendie d’une grande ampleur probablement allumé par des mains criminelles, qui réduisit en cendres 18 bâtiments (granges, remises, écuries et étables), et c’est grâce à l’intervention rapide des habitants que les maisons d’habitations ont pu être préservées.
Dix sept ans plus tard, le 30.07.1632 vers 9 heures du soir la foudre incendia une ferme, le bailli David Hartmann craignit sérieusement que le feu poussé par un vent violent allait se propager au château tout proche ; Certes, le jour n’était plus loin ou le château à son tour, allumé par les suédois, flambera comme une torche.
Le 01.04.1790 un incendie d’une envergure extraordinaire ravagea six propriétés du village.

La première mention d’une pompe à incendie est de 1838. La commune s’enorgueillit d’ailleurs de posséder encore une petite pompe à bras, toujours en bon état, achetée en 1870 et qui servait effectivement jusqu’en 1954. Une section de sapeurs pompiers fut créée en 1946. 


Population : En 1606 sont énumérés nommément 51 chefs de famille, soit environ 255 hab. dont 1 prévôt, 3 jurés, 5 personnes de la justice. Un seul nom patronymique s’est perpétué jusqu'à nos jours, celui de Koenig.
En 1632, il y avait encore 34 chefs de famille, soit environ 170 hab.
D’après le registre civique de 1806-1810, Nambsheim comptait 360 hab.
La population augmenta dans la première moitié du XIXème siècle pour arriver en 1851 à 722 hab. puis diminution en 1880 à 533 hab., en 1900 à 365 hab., et en 1954 à 280 hab.
 

  
  


Histoire religieuse

L’église, mentionnée en 1302, est placée sous le vocable de Saint-Étienne, dont le patronage est attesté depuis la fin du XVIIème siècle. Le droit de collation appartenait primitivement aux religieuses de l’abbaye Saint-Étienne de Strasbourg.

L’église : Quant à la partie inférieure de ses mûrs, l’église de Nambsheim est la plus ancienne parmi celles qui existent dans les villages riverains du Rhin. On peut estimer (facture de la fenêtre gothique du chœur) qu’elle remonte aux environs de l’année 1300. Plusieurs documents, en particulier les rapports des visites canoniques de l’évêché, permettent de nous faire une idée approximative de son aspect intérieur au XVIIIème s. Le chœur construit sur plan carré -et peut-être voûté- mais dont le plafond était nettement plus bas qu’aujourd’hui, était surmonté du clocher dans lequel était suspendue une seule cloche, à laquelle on ajoutera une deuxième, peut-être dès 1705.
L’église s’enorgueillit d’un orgue Callinet,  le plus petit modèle que ce facteur d’orgues a construit, acheté par la commune en 1842 au prix de 2 400 francs.
 

           

 

 

  

 


Patrimoine artistique 

La porte cochère de l’ancienne ferme seigneuriale, voûtée en plein cintre, munie de meurtrières et ouverte d’un toit en appentis (fin XVIème siècle). Une plaque de poêle représentant les armoiries de Colmar (1740), dans l’ancienne ferme seigneuriale.
Un banc reposoir en pierre, dit « banc de l’impératrice Eugénie » (1854), autrefois sur la digue du Rhin.